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Le mobilier

 

TERRE CUITE, BOIS ET CUIR

 

Les figurines en terre cuite, un exemple : la déesse gauloise Epona

Le bois

Le cuir


 

Les figurines en terre cuite

Lors des fouilles, nous trouvons de nombreux fragments de figurines en terre cuite, fabriquées en série, et représentant le plus souvent soit Vénus anadyomène (sortant du bain), soit une déesse mère allaitant, soit des "Risus" (enfants rieurs).

Ces statuettes sont fabriquées à partir d'une argile longuement travaillée. Le coroplathe (fabricant de figurines) modelait une statuette, à la surface de laquelle il matérialisait en lignes continues ou en pointillés le contour des valves du futur moule. Généralement il n'avait besoin que de deux valves. Séchée et cuite, la statuette originale, appelée archétype, était entourée d'une couche d'argile que l'artisan faisait adhérer parfaitement au modèle afin qu'elle en reproduise en négatif chaque détail. Il découpait ensuite soigneusement les différentes valves du moule en suivant les traces de guidage indiquées sur l'archétype. Après la cuisson du moule, commençait la fabrication des figurines en série. Les deux parties de la statuette étaient réunies et collées avec de la barbotine. Avant de les porter au four, le coroplathe pratiquait un trou d'évent afin d'éviter la déformation ou l'éclatement de la pièce à la cuisson. Il y avait un site de production de telles figurines à Jaulges-Villiers-Vineux (Yonne).

 

LA DEESSE GAULOISE : EPONA

Epona a une origine celtique, son nom désigne le cheval.

Cette divinité est originale pour de multiples raisons : tout d'abord il s'agit d'une divinité éminine strictement associée à un cheval, qui est l'apanage de l'homme dans l'Antiquité. D'autre part, son culte semble très répandu au vu des nombreuses statuettes qui la représentent.

Il en existe plus de 200, que ce soit en pierre, en bronze, en terre cuite et même en bois. Elles sont pratiquement toutes sur le même modèle : le cheval marche vers la droite, une jambe avant repliée, la déesse est assise en amazone et à cru. Epona est vêtue d'une tunique longue qui tombe jusqu'aux pieds et d'un manteau passé par-dessus. Ce dernier se soulève parfois en auréole afin de suggérer le mouvement de la monture. Epona peut tenir le cheval par la bride, mais cela reste rare. Le plus souvent, la déesse tient dans sa main une corne d'abondance et une patère, parfois une corbeille de fruits, des gâteaux, un oiseau, un quadrupède, une couronne, une clef.

Epona est donc la déesse protectrice des chevaux. De fait, son effigie se trouvait aussi bien dans les domaines agricoles que le long des routes de la Gaule pacifiée. D'autre part, on peut voir en Epona un guide vers l'au-delà. En effet, sur certaines stèles funéraires on trouve représentée la déesse. Cependant cela reste rare.

La statuette en calcaire de la déesse Epona retrouvée dans le puits cultuel de l’ensemble de temples de Châteaubleau est, par certains aspects, originale. La déesse, assise en amazone sur un cheval protégé par un tapis de selle, possède comme attribut identifiable un fouet, élément rarement représenté dans son iconographie.


Statuette d'Epona

 

 

Chevaux en applique (à gauche) et en ronde bosse (à droite)

 

LE BOIS

Retrouver des objets en bois sur un site archéologique est très rare. En effet, le bois est un matériau putrescible qui ne peut être conservé que dans un milieu très humide. C'est pourquoi les rares objets découverts le furent dans des puits.

Au temps de l'Indépendance, les Gaulois étaient déjà passés maîtres dans l'art de l'ébénisterie. Après la Conquête, le travail du bois est révélé par les découvertes archéologiques d'objets ouvragés, les trouvailles d'outils et surtout les reliefs représentant les métiers du bois.

Les objets en bois peuvent faire l'objet d'une datation. Pour cela, il existe deux méthodes:

· La dendrochronologie :
Cette méthode est fondée sur la mesure précise et la comparaison des espaces qui séparent les cercles annuels de croissance d'un arbre.

· Le radiocarbone :
Cette méthode s'intéresse à un isotope radioactif du 12C : le 14C. A ses débuts, cette méthode consistait à mesurer à l'aide d'un compteur le nombre de désintégrations, et de là en déduire l'âge radiocarbone. L'inconvénient de cette analyse est qu'elle demande une grande quantité de matière. Depuis les années 1990, est apparu le radiocarbone couplé à la spectrométrie de masse : on mesure directement le nombre d'atome de 14C dans l'échantillon. Cette méthode est très intéressante puisque nous pouvons nous contenter de quelques µg de l'échantillon.

Les objets en bois doivent faire l'objet d'une conservation et d'une restauration, pour cela le plus grand centre se trouve à Grenoble : Nucleart.

 

LE CUIR

Tout comme le bois, le cuir ne se trouve quand dans les endroits où il règne une forte humidité. Le cuir servait en particulier pour la fabrication des chaussures, mais également en sellerie et pour le harnachement d'animaux de traits. Il existe très peu de vestiges relatant le traitement des peaux et notamment le tannage. L'opération consistait à empiler les peaux dans les fosses avec du tanin (poudre d'écorce de chêne) et à les y laisser séjourner pendant plusieurs mois.

Lors de la fouille des puits nous avons retrouvé à plusieurs reprises des fragments de semelles.

 

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