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 Le mobilier

 

LA CERAMIQUE

 

La céramique commune dont la céramique craquelée bleutée et les amphores

La sigillée et les autres céramiques fines (sigillée d’Argonne, céramique à parois fines)

La céramique craquelée bleutée

Les potiers

L’argile : les sept classes d’argile


La céramique est très répandue sur le site. Peu de formes sont retrouvées intactes, ce qui fait penser à une quantité vertigineuse d'objets, ce qui est le cas, dans la mesure où il s’agit d’un produit de consommation courante, qui pouvait être remplacé fréquemment. Seules les offrandes dans les tombes et plus rarement le matériel abandonné sur les sols d'occupation ou rejeté dans les fosses ou les puits , permettent d'avoir sous les yeux des objets intacts.

La céramique commune constitue un marqueur d'acculturation extrêmement fiable qui permet de suivre avec précision le processus de romanisation des comportements en analysant l'évolution des techniques et des typologies. En Gaule ce processus s'est fait relativement rapidement entre la conquête par César ( 58 av. J.-C. - 52 av. J.-C.) et l'époque augustéenne et claudienne ( 27 av. J.-C. - 54 ap. J.-C.). la romanisation de la céramique se fait du Sud vers le Nord. La période augustéenne correspond à une phase d'assimilation durant laquelle les potiers acquièrent et perfectionnent de nouvelles techniques. Ainsi au début de la romanisation il y a beaucoup de copies de modèles italiques en pâte fine. Les tours de potiers commencent à faire leur apparition. Par la suite, les céramiques d'importation sont remplacées par des objets originaux de production régionale.

A Châteaubleau nous trouvons tous les types de céramiques:

· céramiques communes

· céramiques fines et sigillées

· figurines en terre cuite

Ces objets peuvent être datés et caractérisés grâce à des méthodes scientifiques. Ces études permettent de mieux comprendre les techniques utilisées ainsi que les origines de ces céramiques. Cependant pour connaître parfaitement les techniques de fabrication il faut également faire appel à l'archéologie expérimentale.

LA CERAMIQUE COMMUNE

Sous la dénomination céramique commune, nous trouvons:

· la vaisselle de table

· la vaisselle de service ou de préparation

· la vaisselle culinaire

· les ustensiles de service

Il existe deux types de production:

· locale : généralement la vaisselle de table

· importée : il s'agit de céramiques destinées à satisfaire des besoins particuliers et qui n'étaient pas fabriquées dans les ateliers régionaux. Dans cette catégorie se trouvent les amphores.
Sur le site ces trois dernières années il a été trouvé beaucoup de céramiques de production régionale : Villeneuve-au-Châtelot???????

LA CERAMIQUE CRAQUELEE BLEUTEE

La fabrication de la céramique dite en "craquelé bleuté" est une des caractéristiques de la vaisselle de Champagne. Cette production est originaire de plusieurs ateliers champenois dont celui de La Villeneuve au Châtelot.

La caractéristique de ces céramiques est d'avoir une surface gris clair à gris bleuté, parcourue de fins réseaux bleu foncé, obtenus par une cuisson à très haute température de poteries noires, enduites d'un mélange de kaolin et de charbon de bois pulvérisé.

LES AMPHORES

Nous savons que les tonneaux et les amphores furent utilisés simultanément. Cependant nous ne retrouvons pas de tonneaux puisqu'ils étaient dans une matière périssable : le bois.

LA SIGILLEE ET Les autres cERAMIQUEs FINEs

Les tessons de sigillée et de céramique fine sont très répandus sur le site. Ces objets viennent de diverses officines, souvent très éloignées : Jaulges-Villiers-Vineux (Yonne) pour les céramiques à revêtement argileux, , Lezoux (Puy-de-Dôme), La Graufesenque (Aveyron) et le Nord-Est de la France (Argonne) pour la sigillée.

Les céramiques sigillées sont facilement localisables et datables grâce à la présence d'estampilles, à la normalisation des formes et du décor. Les divers types de sigillées furent répertoriés dans un premier temps par H. Dragendorff (Drag.) puis par J. Déchelette.

 

LEZOUX: un grand centre de production de sigillée

Lezoux est une commune du Puy de Dôme où les campagnes de fouilles ont permis de mettre au jour plus d'une centaine de fours de potiers. Ces fours sont de tous types: rectangulaires, carrés, ronds ou ovales. Leur utilisation débute dès le Ier siècle et semble se prolonger jusqu'au IVème siècle.

Sur le site ne subsistent que les structures enterrées: fours, caves, fosses, puits et aires de préparation de l'argile. L'eau, l'argile et le bois sont les trois éléments primordiaux pour la fabrication de céramiques. Afin d'avoir plus d'informations sur ce site majeur:
http://perso.wanadoo.fr/archeologie/page6.htm

 

 

La céramique sigillée d'Argonne

Le terme sigillée est employé de façon abusive lorsqu'il s'agit de céramique d'Argonne. En effet, c'est une céramique fine à pâte rouge ( plus rarement noire) et à surface engobée de la même couleur. Sa fonction est la même que la sigillée. Ce type de céramique apparaît dans l'Antiquité tardive. Il y a eu une évolution des techniques : la température de cuisson est moins élevée et donc insuffisante pour obtenir un grésage satisfaisant de l'engobe. Les productions des ateliers d'Argonne gardent un temps les caractéristiques proches de la sigillée de la fin du IIe s et du IIIe s, mais avec une évolution sensible dans les phases finales de la production.

La céramique d'Argonne a bénéficié pour ses exportations de l'excellence du réseau fluvial et routier qui dessert la zone de production. Sa diffusion principale recouvre les régions entre la Seine et le Rhin, depuis leurs sources jusqu'à la mer. Cependant la production d'Argonne ne bénéficie pas d'une domination totale. Il faut distinguer la zone de diffusion principale des régions où apparaîssent d'autres céramiques à revêtement argileux qui ont connu une diffusion interrégionale, comme celles de Jaulges-Villiers-Vineux.

La céramique à parois fines

Certaines céramiques fines furent fabriquées de la même manière que les sigillées, parfois dans les mêmes moules et ne s'en distinguent que par une cuisson à flamme nue. Les parois de ces céramiques ont une épaisseur d'environ 2 mm. Il s'agit le plus souvent de petits vases à boire, rarement des cruches ou autres contenants pour le liquide.

 

LES POTIERS

Beaucoup de minéraux entrant dans la composition de la pâte ne sont pas des minéraux argileux. Les plus gros d'entre eux, qui ne font pas partie du cortège minéral de l'argile, constituent les dégraissants. Le dégraissant est destiné à réduire la plasticité et obtenir une pâte argileuse plus maigre apte à être façonnée.L'obtention d'une pâte nécessite plusieurs étapes:

1.      Extraction de l'argile et séchage.
2.      Transport de cette argile, séchée et réduite en poudre, vers l'atelier.
3.      La poudre est réhydratée pour former une pâte qu'on laisse reposer pendant plusieurs jours pour qu'elle se transforme en une masse grasse et compacte.

Le broyage et le mélange déterminent la qualité de la pâte. Une pâte homogène et bien mélangée cuira de façon uniforme et permettra d'obtenir un vase de qualité.

Afin d'obtenir un objet il existe deux méthodes:
1.      modeler de la pâte dans des moules déterminés.
2.      façonner une motte d'argile grasse sur un tour de potier.

L'utilisation de ces techniques dépend de la nature et de la quantité de composants employés pour la pâte.

Les ateliers comportaient des fours spécifiques à la cuisson des céramiques. Au cours du temps il y a eu une évolution de ces fours:

· fours circulaires dans lesquels on plaçait les poteries directement au contact des combustibles. On obtenait ainsi une atmosphère réductrice qui fournissait des céramiques sombres fumigées.

 

Four à un volume

 

· fours à deux volumes : la charge à cuire est séparée du combustible par une sole ajourée. La partie inférieure est enterrée, ce qui permet de maîtriser l'atmosphère.

Four à deux volumes

 

· fours à cuisson rayonnante : la charge à cuire est totalement protégée des flammes. On obtient donc des céramiques claires, généralement rouge vif grâce au choix approprié des argiles. Ce sont donc ces fours qui étaient utilisés pour la sigillée et la céramique rouge à vernis grésée.

Four à tubulures

L'ARGILE

L'argile est une succession de couches SiO2 (Td) et de Al2O3 (Oh).
Il s'agit d'une structure en feuillets. La distance interfolliaire varie, ce qui nous permet de classer l'argile en sept groupes. C'est grâce à la diffraction X, qu'au XXe siècle, nous avons pu identifier avec précisions ces sept classes.

Les argiles naissent de l'altération des granites. On parle de cycle de diagenèse des argiles : les feldspath contenus dans les granites se détériorent ce qui produit de l'argile ; dans les fonds marins les argiles se métamorphisent en schiste puis en argile ; par le phénomène de la tectonique il y a formation d'une montagne de granite, il y a alors destruction des feldspath et donc formation d'argile, etc...

 

Les 7 classes d'argile

Les argiles sont des silicates formés de micro-cristaux

La substitution d'atomes à Si et Al tels Mg et Fe, conduit à subdiviser ces 7 groupes en 50 espèces minérales.

Sur ces 7 groupes, 6 sont constitués de minéraux en feuillets et un en lattes.

· Les kaolinites
argile blanche ou grise selon les impuretés qu'elle contient
composition élémentaire: Si, Al,O, H
composition chimique: 46.5% de SiO2, 39.5% de Al2O3, 14% de H2O.

· Les illites :
structure comportant des ponts potassium
la distance entre les feuillets est de 10 Å
la glauconite fait partie de ce groupe.

· Les montmorillonites ou smectites :
feuillets très minces et peu liés
la distance interfolliaire varie de 10 à 17.5Å.

· Les chlorites :
feuillets étroitement liés par Mg(OH)2, Al(OH)3 ou Fe(OH)3
coloration vert-jaune.

· Les vermiculites
entre chaque feuillet, il y a de l'eau, ainsi lorsqu'on cuit l'argile il y a évaporation et donc les feuillets se resserrent, on parle de: retrait de l'argile.

· Les interstratifiés
il s'agit d'une combinaison des 5 groupes précédents ou de certains d'entre eux.

· Les lattes ou sépiolites ou attapulgites
structure désordonnée en forme de lattes.

 

 

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