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Le mobilier:

LE METAL

 

Le site recèle de nombreux objets en métal (monnaies, statuettes, éléments de parure : fibules, etc.) provenant pour la plupart de mines appartenant au domaine impérial. Elles sont exploitées soit à ciel ouvert soit par des galeries. Le métal voyage par la suite sous forme de lingots.

 

Les monnaies : monnaies officielles, monnaies coulées ou monnaies frappées

Le faux-monnayage

Les objets en bronze : le Mercure Solitumaros

 

LES MONNAIES

Il a été mis au jour, sur la commune de Châteaubleau, un atelier de faux monnayeurs dont les productions se retrouvent en différents endroits de l'Empire.

La monnaie officielle

L'Empire romain avait très peu d'ateliers officiels. L'un d'eux se trouvait à Lyon. Cet atelier a émis jusque vers 73 ap. J.-C., ensuite de 193 à 197 ap. J.-C. sous le règne d'Albinus, avant de reprendre une production régulière au cours du IIIe siècle, puis tout au long du IVe s.

Les ateliers d'Arles et de Tréves sont les plus importants au Bas-Empire. Ils sont en activité du IIIème au milieu du Vème siècle ap J-C.

Les monnaies ne sont pas datables grâce aux méthodes physiques puisque le métal était recyclé. L'examen de leurs faces permet de préciser l'année de frappe. En effet, les empereurs romains prenaient soin de faire frapper des monnaies à leur effigie à chaque moment important de leur règne. La caractérisation de ces pièces peut se faire de deux manières :

· par le MEB

· par activation neutronique

La monnaie en circulation jusqu'au IIIe siècle est l'aureus, il s'agit d'une monnaie d'or : 1 aureus = 25 deniers

Le denier est une monnaie en argent valant, à l'origine 10 as.

L'as est une monnaie en bronze d'un poids d'une livre, au début, qui, sous l'Empire, devient une monnaie fiduciaire en cuivre. En effet, nous allons vers un système monétaire possédant de moins en moins d'argent. Alors les monnaies initialement basées sur un système trimétallique, Ag, Cu, Sn, se transforme en un système binaire, Cu, Sn ( bronze).

 

Le faux-monnayage

De la mort de Sévère Alexandre (235) à la mort de Carin (285), l'Empire romain traverse une crise d'où sortira l'ordre nouveau du Bas-Empire. Le IIIe siècle ap. J.-C. apparaît comme une période de transition, marquée par une profonde altération du cadre économique et des équilibres socio-politiques hérités du Haut-Empire romain. Cette crise engendra au travers des ruptures, des remaniements et des innovations, la société nouvelle du Bas-Empire.
La crise du IIIème siècle s'est traduite par une dislocation progressive du système trimétallique centré sur l'argent, créé par Auguste au début du Principat et retouché par Néron. L'expression la plus manifeste de la crise fut la pénurie croissante de l'argent-métal, qui entraîna l'avènement d'un nouvel ordre monétaire fondé sur l'or, qui s'imposera vraiment au IVe siècle.

Caracalla amorce la crise en 215, lorsque sous la pression des contraintes budgétaires, il crée une nouvelle monnaie. Suite à cette pénurie, les ateliers de faux monnayage font leur apparition en Gaule.

Dans l'agglomération de Châteaubleau, deux officines d'un atelier furent même mises au jour à l'intérieur de l'agglomération, la troisième étant à 1500 m du sanctuaire de source.
Nous retrouvons des moules monétaires en argile, des ratés de monnaies, ainsi que tous les signes d'une activité métallurgique (scories, coulures, etc..).

Il existait deux techniques pour fabriquer de la fausse monnaie :

· la monnaie frappée

· la monnaie coulée

La monnaie coulée

La monnaie coulée utilisait des moules monétaires en argile. Ces moules étaient réalisés en imprimant dans la terre encore molle l'empreinte de la pièce à reproduire. Ces petits moules étaient assemblés en piles et communiquaient entre eux par un petit orifice. Durcis par la cuisson, ils recevaient ensuite le métal en fusion. Après refroidissement, il ne restait plus qu'à briser les moules et à éliminer les bavures de coulées.

Les moules ont une coloration noire souvent accompagnée de bordures orangées.

 

La monnaie frappée

La qualité de la pièce dépend de la force et surtout de l'habileté du malleator (ouvrier chargé de la frappe). La fabrication de monnaie frappée nécessite un flan monétaire et des coins gravés. Les coins sont le plus souvent en bronze. Les flans sont découpés dans des bâtonnets de bronze puis martelés pour leur donner leur forme finale. Le malleator frappait la lentille de métal entre deux coins qui portaient en creux l'empreinte destinée à être reproduite en relief sur la monnaie. Sur une petite enclume, on enchâssait d'abord le coin dormant. Chauffé au rouge le flan était alors posé dessus à l'aide d'une pince. Saisissant une sorte de manchon à l'extrémité duquel on avait disposé le coin mobile, le malleator frappait la partie supérieure du coin mobile avec un marteau. On obtenait alors le négatif des coins sur le flan.

Ces deux techniques ont été utilisées à Châteaubleau.

 

OBJETS EN BRONZE

Le bronze est toujours coulé au départ, cependant il faut distinguer deux cas :

· l'objet est obtenu directement par coulée

· la coulée ne donne qu'une simple plaque de métal qu'il faut ensuite façonner à la forme souhaitée, par martelage.

Le procédé de fonte le plus répandu est celui de la cire perdue : un objet plein est façonné en cire puis enrobé dans de l'argile.
Si on veut que les détails les plus fins du modèle se conservent, on passe d'abord au pinceau une couche de barbotine et une fois celle-ci sèche, on l'enrobe dans une argile plus grossière. On perce ensuite à travers le moule des conduits, canaux de coulée et évents. Il ne reste qu'à couler le bronze liquide par les canaux de coulée.
Si on veut que l'objet soit creux, il n'y aura qu'une couche de cire englobant un noyau en terre. Il faut, pour le noyau, un mélange qui ne forme pas après cuisson une masse trop dure, pour qu'on puisse l'enlever en fin d'opération en la fractionnant par une ouverture. Si on laisse le noyau, ce qui arrive, il risque d'attirer l'humidité et donc de causer l'oxydation du métal.

Si on veut faire une production en série, c'est la technique à la cire perdue sur négatif qui est la plus couramment utilisée.

Les objets en bronze sont également caractérisés au microscope électronique à balayage et par la microanalyse X. Cette étude permet de déterminer la composition des alliages, ainsi que que la technique de fabrication.

Parmi les objets en bronze trouvés à Châteaubleau, on trouve une patére dédiée à Mercure Solitumaros. Cette patère a été découverte dans le puits octogonal de l'ensemble cultuel de l'Aumône-La-Justice. Dans le même lieu ont également été découvertes des statuettes figurant des chevaux, se divisant en deux séries : deux en ronde-bosse et sept appliques.

 

Après étude, il apparaîtrait que ces chevaux ont été façonnés dans un atelier local ou régional. Il s'agissait certainement d'ex-voto (R. Bontrond, "Découverte de plusieurs statuettes de chevaux en bronze d'époque gallo-romaine à Châteaubleau", Revue Archéologique du Centre de la France, tome 37, 1998, pp. 99-108).

 

Mercure Solitumaros : une divinité locale.

La découverte d'une patère portant l'inscription deo Mercurio Solitumaro Augu(usto) permit d'attribuer à cette divinité un des fana de Châteaubleau (D. Gricourt, D. Hollard, F. Pilon, "Le Mercure Solitumaros de Châteaubleau : Lugus macrophtalme, visionnaire et guérisseur", Dialogues d'Histoire Ancienne 25/2, 1999, pp. 127-180).

Il semblerait que ce dieu, homologue local de Mercure, avait des pouvoirs sur les yeux. Cela ne semblerait pas étonnant de trouver sur le site de Châteaubleau des divinités guérisseuses des maladies des yeux puisqu'il a été trouvé également des ex-voto en forme d'yeux au lieu-dit La Tannerie.

 

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